07.04.2011

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, LE MALAISE ECONOMIQUE ET SOCIAL EN ALGERIE TROUVE SON ESSENCE DANS LE BLOCAGE SYSTEMIQUE

Note rédigée par : Docteur Abderrahmane MEBTOUL, Professeur d’Université en Management Stratégique (Oran)

- Diplômé d'Expertise Comptable de l'Institut Supérieur de Gestion de Lille (1974).

- Docteur d'Etat en Sciences Economiques (1974).

- Auteur de plus de 20 livres.

- Expert International (500 conférences nationales et internationales).

- Membre fondateur et Président depuis 1992 de l'Association Algérienne de Développement de l'Economie de Marché (ADEM), une des plus importantes en Algérie.

- Président du Conseil Algérien des Privatisations avec rang de Ministre délégué (1996-2000).

- Conseiller des Ministères de l'Energie et des Industries (1974-1979, 1990-1995, 2000-2005).

- Consultant à la Présidence de la République (2006-2007).

- Expert au Conseil Economique et Social algérien depuis avril 2007.

- Enseignant à l'Université d'Oran depuis 1974 : il anime depuis 2007 les doctorats en Management Stratégique des Entreprises et des Institutions.

- Depuis 2007, il est un des rares économistes algériens à s'être spécialisé dans l'analyse de la crise mondiale et ses répercussions, notamment sur l'économie algérienne par plus de 50 contributions et interviews au niveau national et international.

 

I- Selon Monsieur le Premier Ministre Algérien, le 31 mars 2011 à la
télévision algérienne, l’Algérie est spécifique. Elle  a construit par le passé le socialisme spécifique et aujourd’hui une économie de marché spécifique. N’avons nous pas entendu de presque tout le gouvernement que l’Algérie n’était nullement concernée par la crise économique d’octobre 2008 qui secouait le monde oubliant le caractère mono exportateur de notre économie dépendant d’une ressource éphémère dont le prix est fixé à l’extérieur du pays, échappant à la volonté des dirigeants ? 
Aujourd’hui on nous annonceque l’Algérie ne connait pas de crise politique à l’instar dumonde arabe. L’Algérie versant dans l’attentisme serait-il alors leseul pays en Afrique du Nord à faire exception alors que destransitions sont annoncées ou vont suivre en Tunisie, Egypte, Mauritanie, Yemen, Bahreïn , Lybie, en Syrie, des payscomme le Maroc annonce une monarchie constitutionnelle, etbon nombre d’autres pays arabes se posent certainement cette question,  si elles  seront  effectives ou avortées, toutdépendant desrapports de forces internes et externes ?

Aussi, selon le Premier Ministre lgérien, il  n’y a lieu dechanger ni de politique, ni de gouvernement, ni de dissoudre leparlement. La population algérienne n’aspirant pas à un changementpolitique, veut de l’argent pour manger et le gouvernementtravaille pour calmer le front social grâce aux réserves de changede plus de 155 milliards de dollars via la rente des hydrocarbures(selon les  données officielles plus de 350 milliards de dollars derecettes de Sonatrach entre 2000/2010).

Dans ce cadre, des instructions ont été données pour que lesorganismes chargés de l’investissement et l’emploi agréent unmaximum de projetsavec de nombreux avantages financiers et fiscaux,tout en demandant à des administrations et des entreprises publiques déjàen sureffectifs, de recruter. Or, il convient de se demande d'abord pourquoi cette ébullitions sociale à laquelle a fait allusion leremier Ministre, si elle ne traduit pas une impasse de l’actuellepolitique socio-économique et sices instructions s’insèrent dans une vision stratégique   concernant dessegments porteurs decroissance durable ?

La rente toujours la rente entre 1963 et 2011 mais avec une
concentration excessive du revenu national au profit d’une minorité
rentière : un Etat riche mais une  population de plus en plus pauvre.
Cette vision du gouvernement et le dépérissementdu tissu productif
en Algérie n’expliquent t- ils pas que letaux de croissance n’est pas
proportionnel à la dépense publique de 200 milliards de dollars entre
2004/2009, de 286 entre 2010/2014, avec 130 milliards de dollars de
restes à réaliser des projets 2004/2009 (quel gaspillage) et pourra-ton-
créer entre 20009/2014, 200.000 PME/PME et trois (3) millions
d’emplois ? Les taux officiels de croissance, de chômage, d’inflation ne sont-ils  pas  des taux artificiels biaisés par la rente des hydrocarbures ?Crée t-on, des emplois réellement par des directives administratives en violant les lois économiques élémentaires où le taux d’emploi est fonction du taux de croissance réel et des structures des taux de productivité  (bonne gouvernance, entreprises compétitives et valorisation du savoir)?

Doit-on continuer dans cette trajectoire où les dépenses ne sont pas
propositionnelles aux impacts, ne  s’assimilent –elles pas à un replâtrage pour calmer le front social. Avec cette injection massive de la monnaie sans contreparties productives concernant tant ces projets que les dernières augmentations des salaires qui touchent tous les secteurs, ne faut-il s’attendre à un retour en force de l’inflation fin 2011, et surtout son accélération en 2012, nous entrainant dans une spirale infernale de hausse des prix, avec pour conséquence, à la fois la hausse des taux d’intérêts des banques qui  freinnt le véritable investissement, et la détérioration du pouvoir d’achat de la majorité des Algériens, la monnaie étant un rapport social traduisant avec sa détérioration et le recours aux liquidités par l’extension de la sphère informelle, le divorce Etat- citoyens ?

II- L’Algérie qui a souffert du terrorisme penant plus de 10 an plus de
200 000 motsselon les chiffres officiels, doit aller vers unetransition démocratique pacifique, loin de toute violence. Pour cela, je préconise quatre mesures graduelles.

1-  Une nouvelle vision stratégique afin de mette en place une économie
hors hydrocarbures compétitive dans le cadre des valeurs internationales si l’on veut créer des emplois durables et atténuer les tensions sociales inévitables. Pour cela, un débat national sans exclusive bilan de tous les  programmes économiques est nécessaire pour déterminer la trajectoire future de l’Algérie de 2011 à 2020 et poser laproblématique de la démocratisation de la gestion des hydrocarbureset de l’utilisation des réserves de change.

2-La dissolution  des deux chambres du fait que ces institutions qui vient
du transfert de la  rente des hydrocarbures sont incapables de mobiliser
le corps social en ébullition. Dans ce cadre, revoir les subventions de l’Etat aux Partis politique qui doivent compter surtout sur leurs adhérents, ainsi que la rémunération des députés et sénateurs
disproportionnée, sans compter  les avantages par rapport à leur
travail. Le Parti du FLN ne doit plus instrumentaliser le sigle FLN
propriété de tout le peuple algérien de la glorieuse guerre de
libération nationale et trouver une autre dénomination pour une
concurrence loyale par rapport aux autres  partis.

3- Sous réserve d’un changement de politique, (et là je suis d’accord
avec le premier Ministre sans changement il faut laisser tout le monde
fonctionner),  un changement  du gouvernement composé de techniciens
qui prépareront cette transition démocratique pacifique jusqu’à
l’échéance présidentielledes élections libres etdémocratiques. Cela implique de libérer les canaux d’information,notamment l’ENTV qui s‘est totalement discréditée et dont l’audience estpresque nulle, et d'autoriser de chaines de télévision indépendantes.

4- Revoir la constitution associant l’ensemble des forces politiques,
sociales, économiques  et des experts en droit constitutionnel en
limitant le nombre de mandats  présidentiels. Toute révision
fondamentale de la constitution devra passer par un référendum, et non
plus par les deux chambres qui ne sont pas  représentatives, le FLN-le
RND-MSP   de l’ ancien parti uniqueen trois composantes, ayant moins de 25% des voix lors desdernières élections, (chiffres officiels), par rapport au nombre d’inscrits, les autres innombrables partis politiques invoqués par le premierMinistère n’étant nullement représentatifs, puisqu'ils sont majoritairement créées par l'Administration et instrumentaisés par elle lors des élections

, l’Algérie a d’importantes potentialités pour devenir un acteur majeurau sein de la  mondialisation et au sein de l’espaceeuro-méditerranéen et arabo-africain. Pour cela, elle a besoin d’unEtat de droit, d’une gouvernance renouvelée, supposant une mutation systémique et donc d’une transition démocratique pacifique. Il serait maladroit  d’assimiler la population à un tube digestif, ce quisuppose une transformation culturelle de nos dirigeants vivant encoreà l’ère du parti unique (le fait du prince qui distribue la rente),avec la grogne sociale croissante qui a soif de démocratie et dejustice sociale mais également d’efficacité économique avec unsacrifice partagé, car les réformes véritables  à venir, qui ont  étégelées, seront douloureuses. D’où l’urgence d’un discours de vérité, rien que la  vérité.

 

PS : Contribution parue dans le quotidien Liberté du 02 avril 2011, le
quotidien d’Oran du 03 avril 2011, El Watan Economie du 04 avril 2011, sur les sites internationauxAlterInfo et Focus Algérie  et répercutée sur l’ensemble des sitesmondiaux USA/ Europe/ monde arabe – Asie dansl’hebdomadaire financier international Les Afriques du 7 avril 2011)et dans un interview donnée au Wall Street Journal.

03.01.2011

MEILLEURS VOEUX 2011

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27.09.2010

L'UNION POUR LA MEDITERRANEE

 

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Source : Revue "Sud-Est" - n° 97 - 2010 - Interview de Jean Roatta, réalisée par Christian Gazaan